
Bobigny 1972
Marie Bardiaux-Vaïente (scénario), Carole Maurel (dessin)
Glénat – janvier 2024
126 p. – 25, 00 €
9782344045664
Mon corps, mon choix : un procès historique
En 1972, Marie-Claire Chevalier, enceinte à la suite d’un viol, est dénoncée pour avortement clandestin par son propre agresseur. L’avortement est encore, à cette époque pas si lointaine, un délit passible d’une très forte amende et même d’incarcération. Sa mère qui a tout mis en œuvre pour lui venir en aide, ainsi que des femmes ayant pris part aux événements, comparaissent elles aussi devant la justice, pour complicité. Cette affaire dramatique tristement banale devient l’un des grands procès historiques par le concours de Gisèle Halimi, avocate de toutes les grandes causes féministes et antiracistes. Elle s’empare de l’histoire de Marie-Claire et de sa mère, pour créer un électrochoc médiatique, public et sociétal.
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Un procès vers une révolution : Bobigny 1972 en BD
Une BD engagée au service de la mémoire
La bande dessinée Bobigny 1972 revient sur un procès historique qui a marqué la lutte pour le droit à l’avortement et qui pour le coup, a marqué la France.
Un récit nécessaire
Le livre évoque des personnes importantes, comme Gisèle Halimi, avocate, Simone Veil ou bien Marie-claire, jeune fille jugée pour avoir avorté. L’album, mêlant témoignages et reconstitution des événements, réussit à capturer une époque difficile où l’avortement était encore un crime. Loin d’un simple livre, il souligne l’importance du procès de Bobigny comme un tournant dans la lutte pour les droits des femmes. Le lecteur est ainsi plongé dans une époque marquée par le courage de celles qui ont osé défier la loi.
Un dessin au service du propos
Le style graphique joue un rôle dans l’immersion du lecteur. Par un dessin, les émotions sont mises en avant avec force. L’utilisation de couleurs sombres renforce cette idée.
Un message toujours d’actualité
Alors que les débats sur l’avortement sont régulièrement dans l’actualité, ce récit souligne l’importance de ne pas faire les mêmes erreurs que dans le passé, comme nous le rappelle les premières lignes du livre.
Conclusion
Avec Bobigny 1972, la bande dessinée est prenante avec un graphisme qui donne vie à un moment de l’histoire du féminisme en France. Plus qu’un livre, plus qu’un hommage, c’est un rappel du prix de la liberté et de la nécessité de continuer le combat. Un livre indispensable pour comprendre le passé.
Introduction :
Bobigny 1972, une bande dessinée, écrite par Marie Bardiaux-Vaïente et illustrée par Carole Mauriel, raconte le procès et le périple de Marie-Claire CHEVALIER dénoncée par son propre agresseur pour un avortement illégal à la suite d’un viol. Cette BD nous transpose en premier témoin des terribles faits commis, des violences subies par Marie-Claire, de sa détresse et de sa honte.
Présentation :
Cette BD a une ambiance sombre voire même pesante, principalement transmise par la détresse qui y est dépeinte. Elle transmet aussi un sentiment d’injustice induit par la justice elle-même qui au lieu de protéger la victime d’un acte barbare la condamne pour avoir voulu en assumer les conséquences qu’elle ne pouvait exposer au grand jour de peur d’être insultée par le tribunal populaire.
On y voit aussi un système de justice qui est archaïque et qui discrimine encore énormément les classes sociales et les genres. Ce système est aussi majoritairement masculin ce qui le rend forcément incapable d’impartialité.
Le dessin :
Pour ce qui est du dessin, les couleurs sont sombres ce qui contribue à apporter un poids au récit et renforce l’ambiance pesante et grave, de plus les ombrages renforcent aussi certaines répliques qui n’en deviennent que plus vraies et lourdes de sens.
Un contraste :
Un personnage vient changer le cours de l’histoire il s’agit Gisèle Halimi l’avocate de Marie-Claire qui contraste avec notre personnage principale elle qui est démunie, oppressée tandis que Gisèle Halimi n’hésite pas à tenir tête à la justice elle-même, et transforme complètement ce procès en faisant de ce dernier une affaire médiatique qui dénonce la loi et la condition de la femme à cette époque.
Le scénario nous rappelle aussi le combat mené par toutes ces femmes pour pouvoir disposer de leurs corps sans l’avis de la société et de la justice.
Conclusion :
Cette BD est certes une œuvre de fiction, mais elle est inspirée de faits réels, elle nous permet de nous rappeler les actes barbares du passé qu’il ne faut pas oublier afin de ne pas recommencer les erreurs du passé.
Bobigny 1972 est une BD écrite par Marie BARDIAUX-VAÏENTE et dessinée par Carole MAUREL publiée en 2024, dont l’histoire est basée sur des faits réels arrivés à Marie-Claire CHEVALIER.
Une histoire poignante et à la dure réalité du 20ème siècle, retransmise dans une BD à la réalisation peaufinée. Dont l’histoire explore les thèmes de la place de la femme dans la société et plus particulièrement du droit à l’avortement.
Le thème global :
Cette BD traite de l’histoire d’une femme du nom de Marie-Claire CHEVALIER qui à l’âge de 15 ans subit un viol puis tombe enceinte ce qu’elle refuse. Par la suite, elle effectuera un avortement clandestin qui dans les années 1972 est un fait contre la loi. Celle-ci sera dénoncée, et encourra une peine qui fera une grande médiatisation grâce à une association féministe qui utilisera cette affaire pour faire sa « campagne » et mettre fin à l’article 317 du code pénal qui stipule que « Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen aura procuré l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte ; qu’elle y ait consenti ou non, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans, et d’une amende de 1800F à 100000 F. »
Critique :
De mon point de vue, cette BD est une belle réalisation, de part le fait de la manière dont elle a été écrite, mais aussi de la manière dont les dessins et les mises en scène ont été détaillés. On arrive très bien à suivre l’histoire, on se sent intégré au tribunal, et les flash-back présents suivent très bien le cours du jugement sans nous perdre. On sent réellement le message qui est transmis par la BD. La simple citation de Simone de Beauvoir au tout début de l’histoire « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant . » nous montre que cette BD a une vraie âme qu’il ne faut pas ignorer.
L’histoire :
L’histoire se basant sur des faits réels, on sent la volonté de l’écrivaine de nous faire ressentir la situation et ses émotions qui l’entoure. Pour ma part certaines scènes m’ont donné froid dans le dos. De par ce qu’il est décrit, mais aussi énormément par le dessin qui l’a complété.
Les dessins :
Le style de dessin me plaît énormément, c’est un style assez moderne qui est parfois mélangé à un style vintage avec des couleurs plus jaunâtres et une découpe des dessins plus floutée, ce qui m’a plu. Les dessins suivent réellement l’histoire et nous plongent profondément dans celle-ci.
Conclusion :
Pour ma part, cette BD est une réussite, elle parle d’un sujet qu’il ne faut pas oublier, elle transmet donc un vrai message. Les dessins sont très bien réalisés et les personnages mis en scène sont bien réalisés, on arrive à tous les distinguer et à comprendre leur point de vue dans l’histoire. Cette BD est à lire et devrait être à lire pour la culture de notre passé et la prévention.
La bataille d’une vie pour sauver des vies
Bobigny 1972 est une bande dessinée écrite par Marie BARDIAUX-VAIENTE et Carole MAUREL qui retrace le combat de Marie-Claire, tombée enceinte suite à un viol, puis dénoncée par son propre agresseur pour avoir avorté clandestinement. Les autrices nous font vivre à travers le livre le déroulé de ce procès qui marquera l’histoire ainsi que toutes les difficultés rencontrées dans cette époque pas si lointaine.
I- Les faits
Janvier 1972, Marie-Claire et sa mère sont arrêtées à leur domicile, telles des délinquantes, à six heures du matin, suite à la dénonciation de l’avortement clandestin de Marie-Claire, aidée par sa mère, par l’agresseur du viol dont la jeune fille a été victime, datant de novembre 1971. Leur appartement est fouillé aussitôt par les policiers. Pour ma part, malgré la banalité des faits pour l’époque, je trouve cette façon d’agir très excessive voire abusive. En effet, on découvre au début de l’histoire que l’agresseur se fait arrêter pour vol de voiture avec délit de fuite et refus d’obtempérer, mais lors de sa garde à vue il se sert de l’avortement clandestin de Marie-Claire, qu’il a lui-même violée, pour négocier avec les policiers ! Dans cette situation c’est finalement la victime qui se retrouve en garde à vue, dénoncée par son propre agresseur.
II- La bataille
Replongeons-nous maintenant dans cette bataille pour accéder à l’avortement à cette époque, en France avorter était illégal donc certaines femmes se tournaient vers des gynécologues à l’étranger, mais ils demandaient une forte somme en contre partie, 4500 francs d’après la BD. Autant dire que c’était réservé à une certaine classe de la population, plutôt aisée. A partir de ce moment-là, la mère de Marie-Claire se lance dans des recherches afin de trouver une solution pour l’avortement de sa fille. Nous pouvons nous rendre compte des difficultés pour une femme à cette époque, qui rappelons-le n’est pas si lointaine, seulement 50 ans, d’être libre de son corps, d’être libre de vouloir avorter ou non et ce même après avoir été victime d’un viol.
Revenons ensuite au procès, pour commencer on nous montre une belle image de l’inégalité homme/femme de l’époque, cinq femmes sont donc accusées et elles seront jugées par une cour entièrement masculine. Tout au long du procès on peut voir cependant que Marie-Claire bénéficie d’un énorme soutien populaire grâce à la médiatisation de cette histoire.
III- Les graphismes
Tout au long de la BD on retrouve des couleurs jaunâtres lors des passages racontant les faits liés à l’avortement de Marie-Claire, pour le reste de l’histoire les couleurs restent normales. Pour ce qui est des dessins ils sont simples mais sans être enfantins, ils correspondent parfaitement aux situations décrites et nous permettent une compréhension complète de ce que les autrices ont voulu exprimer. Les pages restent assez épurées en dialogues, ce qui fait que cette BD reste légère malgré un sujet assez lourd.
IV- Conclusion
Pour conclure, je dirai que cette BD nous montre que ce procès fut une grande bataille pour une grande victoire pour toutes les femmes !
Bobigny 1972 est une bande dessinée écrite par Marie Baridiaux-Vaïente pour le scénario, et Carole Maurel pour les dessins et les couleurs. Ce livre nous fait découvrir le procès de Marie-Claire Chevalier et Michelle Chevalier, qui a été un élément majeur dans le vote de la loi de légalisation de l’IVG.
Ce livre comporte énormément d’informations ce qui peut rendre la compréhension du livre difficile. Nous commençons par une course-poursuite en voiture qui se finit par une arrestation, et ensuite une perquisition. Ce que l’on retient le plus, est l’importance du procès de Bobigny dans l’élaboration de la loi sur l’IVG. Durant cette lecture, une tension est maintenue tout au long du livre, nous arrivons aussi à ressentir la pression qui est portée sur les accusées tout au long du procès. Nous sentons aussi l’engouement autour de ce procès par l’implication de nombreuses célébrités, la détermination de l’avocate, mais aussi toutes les personnes venues assister au procès. Tout cela montre l’importance de ce procès et la pression subie par la mère et la fille. De plus, la fille vit le fait d’une possible inculpation et d’un viol qu’elle a subi.
Ce livre démontre aussi plusieurs injustices faites aux femmes en commençant par le viol, et l’avortement de Marie-Claire, nous avons aussi d’autres avortements, le quotidien des mères seules donc vivant dans la précarité. La médiatisation de ce procès nous permet de concentrer toutes les classes sociales de milieu différent sur le même but final, nous y retrouvons un juge, un procureur, une avocate, un médecin, une actrice. Ces classes, étant bien différentes, nombreuses d’entre elles sont passées aussi par l’illégalité, car ont dû aider, faire ou bien se faire avorter ce qui rassemble tout le monde. Nous avons aussi une inégalité, car une députée, une actrice, ou bien même une juge se sont fait avorter pourtant aucune d’elles n’a été jugée, alors que les classes pauvres avec moins de moyens se font juger systématiquement.
Bobigny 1972 est un livre commençant par la scène du viol de Marie-Claire, nous nous rendons compte que l’homme a menti à la jeune fille afin qu’il ait plus de facilité à la ramener chez lui. En lui faisant croire que des amis, et même la mère de l’homme seront présents alors qu’aucune de ces personnes n’est présente. Alors très vite, nous avons un doute sur l’honnêteté de l’homme et ressentons une atmosphère plus pesante, surtout due au changement de couleurs qui passe en noir et blanc, nous avons même une image choc où sur deux pages de la BD nous voyons l’homme de dos allongé sur sa victime, ce qui montre bien que la fille est impuissante fasse à son agresseur.
Ce livre nous montre que parfois, il est important de parler de son cas aux bonnes personnes comme l’a fait Michelle Chevalier, en allant voir l’association CHOISIR elle décida de parler du procès à l’échelle nationale, cela a permis un plus gros engouement, ce qui a fait pression sur le juge. Durant tout le procès nous voyons le juge réfléchir, écouter chaque témoignage, très patient. Appuyant bien sur le point qu’il ne pouvait ni changer ni modifier les lois, cependant, il pouvait faire ce qu’il semblait juste.
En conclusion, ce livre est un livre très intéressant qui nous fait découvrir que quelques années en arrière l’IVG n’était pas une idée partagée par tout le monde et bien plus compliquée à mettre en place. Cela montre aussi plusieurs types d’inégalités entre les hommes et les femmes, les inégalités des classes.
Bobigny 1972
Engagé et puissant
Bobigny 1972 raconte le procès de Marie-Claire , c’est le jugement d’une jeune fille pour avoir avorté après un viol, l’avocate a joué un rôle décisif dans le sujet de l’avortement qui a mené à la loi de Simone Veil.
L’un des points forts de cette BD est son engagement clair et les approches, qui mettent en avant les injustices d’une société où les femmes n’ont pas le droit de disposer librement de leur corps, des scenarios mis en avant avec l’injustice subie par Marie-Claire et l’inégalité entres les hommes et les femmes à cette époque. Ceci s’appuie sur des faits réels puis montre l’injustice du procès et l’engagement des militantes qui soutiennent Marie-Claire.
Le dessin joue un rôle essentiel dans la transmission des émotions avec une œuvre puissante, nécessaire, grâce à la mise en page, l’argumentation maîtrisée, des dessins très expressifs et maîtrisés, des couleurs marquantes.
Au-delà de l’événement historique, Bobigny résonne encore aujourd’hui. Ceci reste un débat dans plusieurs pays encore aujourd’hui. De plus, les médias et la justice montrent comment la société juge les victimes d’agressions sexuelles.
En conclusion, Bobigny est une BD forte, émouvante en mettant en avant la force des militantes et la brutalité du système judiciaire de l’époque. Rappelle aussi que c’est un moment clé de l’histoire des droits des femmes en France, qui raconte une histoire vraie tout en faisant réfléchir sur les luttes de nos jours. Avec un style graphique expressif puis qui est immersif.
Cette BD est une lecture pour quiconque s’intéresse à l’histoire des droits des femmes, aux luttes et montre que les combats du passé sont encore d’actualité et que la vigilance reste essentielle.