Propos recueillis par M. Labarsouque (professeur documentaliste) le 03/02/26 au CDI du Lycée des métiers M. Nadaud, Bellac.

Bonjour Antoine ! Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour ! J’ai 23 ans et je suis élève-apprenti en CAP Charpente-Bois. Je suis au lycée Nadaud depuis la rentrée de septembre 2025.


Quel est votre rapport à l’actualité ?

En un mot, je dirais « critique ». On sait rarement qui nous vend l’information et quand elle est gratuite, on est toujours un peu client. Il y beaucoup de biais à comprendre.


Comment vous-informez-vous ?
Je consomme des médias traditionnels : la télé et surtout la radio. J’ai suivi le développement de Youtube pendant mon adolescence. Aujourd’hui, j’y recherche des revues de presse. Il y aussi une « presse poubelle » sur les réseaux sociaux, sans prise de recul sur les sujets. Il n’y a pas de réel traitement de l’information, elle est juste diffusée. L’objectif est souvent d’attirer le regard, de flouter l’esprit des gens, sans clairvoyance. J’ai en tête l’affaire du sabotage de Nord Stream (cf. ensemble de deux gazoducs reliant la Russie à l’Allemagne).


Quel est votre regard sur la quantité d’informations qui circulent ?
Nous sommes tous bombardés d’informations. Il faut donner de notre temps pour trier, savoir qui parle, quel est son but, comment le média est financé. Un autre phénomène compliqué, c’est aussi le cyber-blurring (cf. effacement de la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée).
Par exemple, avec la « religion » du 20h à la télé, on fidélise certaines croyances en écoutant qu’un seul média et on accepte un seul niveau de crédibilité. Certaines personnes sont fidèles qu’à un seul groupe de presse : c’est trahir son jugement sur l’actualité.


Une petite question pour finir, comment se porte la liberté d’expression en France,
selon vous ?

Très mal, surtout quand les débats sont mis en scène. La question du financement des médias est très importante. On peut aussi se poser la question de savoir si la cible de certains médias n’est pas seulement le bassin parisien. Malgré tout, je trouve que la loi française protège assez bien la liberté d’expression pour bloquer le négationnisme, la haine, etc. Si un média apporte des preuves avec des sources fiables, il mérite d’exister, d’avoir des subventions.

Merci Antoine !