Le Poulet mutant

Depuis plusieurs années, les poulets ont doublé de volume (quand ils ne sont pas broyés à la naissance). Grace au progrès technique, l’homme parvient à faire grossir les poussins de plus en plus rapidement, afin de récupérer leur chair, pour un marché agroalimentaire lucratif.

Au XIXe siècle, la poule était élevée essentiellement pour ses œufs : une fois qu’elle ne pondait plus, on la tuait pour récupérer sa chair. À cette époque-là, on sélectionnait les poules (qui pouvait potentiellement apporter beaucoup d’œufs et beaucoup de chair en même temps) à l’œil nu, sans technologie, ni machines : une pratique ancestrale, qui ne modifiait finalement pas grand-chose. Vers 1920, des poulaillers-usines sont apparus, d’abord en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis : ce sont des usines qui ont un système permettant de contrôler la température, la luminosité et l’humidité afin d’obtenir énormément de poussins qui produiront beaucoup d’œufs, et qui seront très charnus. Au cours de ce même XXe siècle, la vente de la chair de poulet dépassera largement celle de la poule pondeuse : on va donc créer des races pondeuses, et des races à chair, par sélection génétique et croisement.

© Charb

Aujourd’hui, au XXIe siècle, dans les élevages industriels, les poussins mâles issus des sélections de poules pondeuses (de races modifiées pour cet usage) sont tués à la naissance parce qu’ils ne pondront pas et ne produiront pas assez de chair pour intéresser les consommateurs. L’association L214 dénonce régulièrement ces élevages inhumains, dans des vidéos réalistes difficilement supportables.

 

Des chercheurs ont aujourd’hui inventé des moyens de déterminer le sexe du poussin alors qu’il est encore dans l’œuf, afin d’éviter qu’il soit broyé vivant, étouffé ou gazé à la naissance : cela coute encore cher, mais, si on l’imposait dans tous les élevages, ce surcoût serait moindre. De plus, en France, la loi interdira en 2024 le broyage des poussins.

Pour les poulets de chair, les choses ne sont pas plus positives. En créant des races nouvelles, on a obtenu des poulets qui ont leur poids adulte au bout de 30 ou 40 jours (contre 120 jours au début du siècle dernier); au cours des 60 dernières années, la vitesse de croissance des poussins élevés intensivement pour la viande a ainsi augmenté de 400% (de 25g à 100g par jour). On peut voir dans ces élevages des poussins âgés de même pas un mois, dont le corps ressemble à celui d’un poulet adulte : ils appartiennent à des races de poulet qui sont le fruit d’’une minutieuse sélection génétique afin d’atteindre le plus rapidement possible une taille et un poids élevés pour l’abattage. L’industrie de l’élevage a ainsi triplé son rendement, mais ces poulets mutants souffrent de problème aux pattes : ils boitent, ne parviennent parfois plus à se tenir debout ou a bouger. Vous avez dit « progrès »? 

Texte : Zélie Chantereau & Storyan Homand (5ème)

PiouPiou : Océane Beynié (5ème)

Sources : l214.com, gaia.be,

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